samedi 27 octobre 2007

Disparités sociales (hors-série)

Permettez-nous un petit intermède dans le récit prosaique de ce voyage, afin de vous proposer ce court essai sr les disparités sociales.
Et là, on ne parle pas des différences de classe telles qu'on les connait au Canada. Bien sûr, il est tragique qu'une partie de la population vive dans la pauvreté; mais tous nous avons accès à leau courante potable, à l'électricité, à d'excellents soins médicaux, les habitations sont pourvues d'égouts, bref touts les infrastructures d'une société moderne.
On ne parle pas non plus des disparités entre les pays riches et pauvres qui, à défaut d'être constatées de visu par la majorité des citoyens de pays riches, sont véhiculées par les medias lors des bulletins de nouvelle de fin de soirée.
Non, on parle de disparités sociales à l'intérieur d'un même pays. Le Maroc, par exemple. Le luxe et l'opulence cotoient la misère absolue, dans la même ville, sur la même rue.
Prenons Casablanca en exemple, cette ville portuaire, coeur économique du pays. Place des Nations Unies, face à la vieille medina, grand rond-point ou les voitures et camions passent en coup de vent (en en coups de klaxon !), ou les locaux vetus à l'occidentale marchent rapidement vers quelque rendez-vous. Cependant, dans un coin du rond-point (façon de parler), une haute palissade de bois. De l'autre côté, coincé entre la palissade et le mur extérieur de la medina, c'est un autre monde. Les rues étroites non pavées sont défoncées, les déchets jonchent le sol, les femmes vont chercher l'eau à une fontaine publique, les enfants jouent entre les maisons (habitées) à demi défoncées, et le moyen de transport principal est l'âne.
Prenons également exemple sur Azrou et Ifrane, dont nous avons déjà glissé un mot, 2 petites villes situées à 10 min de taxi l'une de l'autre dans les montagnes du moyen Atlas. L'une, Azrou, est une petite ville probablement typique avec son bruyant marché public, ses taxis antiques disputant le rue aux ânes et piétons, ses petites maisons plus ou moins délabrées. Ifrane, quant à elle, compte une université anglophone prestigieuse financée en partie par l'état et par un riche sheik étranger. La ville est impeccable avec ses maisons en rangées aux toits de tuile rouge, qui seraient d'avantage à leur place dans une station alpine suisse. On y trouve quantité de Mercedes rutilantes, de jeunes étudiants trendy affichant le plus récent téléphone portable et des lunettes fumées qui pourraient sans doute faire vivre un habitant de Azrou pendant un mois.
On ne parlere même pas de Marrakech, dont certains quartiers rivalisent de luxe avec les plus chics ville européennes.

En notre qualité de riches touristes Canadiens, nous ne nous permettons pas de juger, mais seulement de constater...

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